Le rôle des signaux aposématiques : la peur des serpents

La raison de la peur des serpents chez l’être humain est un vieux débat encore sans réponse.

L’origine de la peur innée pour des raisons évolutives est une cause à ajouter à l’influence puissante que peuvent avoir l’expérience, la culture, les médias ou même la religion sur l’aversion envers les serpents.

Dans cette étude, nous démontrerons que cette crainte à l’encontre des serpents serait plutôt une peur liée aux signaux aposématiques que les serpents présentent. Les signaux aposématiques sont des couleurs, formes, motifs, arborés par les êtres vivants signalant un potentiel danger (poison, venin, etc.).

Un total de 635 enfants ont été invités à indiquer comme « bon » ou « mauvais » des images présentées individuellement (photographies ou dessins). Les serpents, les animaux de compagnie et les visages « smiley » n’ont pas été considérés comme « mauvais » à moins de présenter des signaux subtils aposématiques de forme triangulaire (plus que rondes).

Un autre groupe de 722 enfants ont été invités à indiquer les mêmes images, mais cette fois représentées par paires. Ils ont indiqué laquelle était « bonne » et laquelle était « mauvaise ». Cette comparaison en fonction du contexte a donné lieu à des réponses plus évidentes aux signaux aposématiques.

Sur la base de cette étude, nous supposons que les primates ont développé une crainte des signaux aposématiques avec des formes triangulaires, pouvant présenter un danger, comme les dents, les griffes ou les formes pointues, et non des serpents en tant que tels. De plus, nous supposons que l’adaptation a été en même temps exploitée par les serpents comme une stratégie anti-prédation. D’où le développement de signaux tels que la tête triangulaire ou les dessins en zigzag sur le dos.

Figure 1. Nous avons utilisé 10 images seules et 10 images doubles pour évaluer la perception des signaux aposématiques chez les enfants. Catégories contenant: (A) images contrôlés avec une image de lapin (A1) et de chien agressif (A2); (B) dessins de serpents (B1), un serpent avec la tête triangulaire (B2, un signal aposématique), un serpent avec zigzag sur le dos (B3, un signal aposématique) et un serpent à tête triangulaire et un zigzag sur le dos (B4, deux signaux aposématiques); (C) la tête d’une couleuvre vipérine, un serpent d’eau inoffensif (Natrix maura) en mode normal (tête C1, tête ronde) et position défensive (C2, tête triangulaire) et (D) visages «smiley» avec des dents arrondies (D1) ou en forme de triangle (D2). Des essais ont été utilisés avec deux images (E à H) pour évaluer l’interprétation en fonction du contexte des signaux aposématiques de la part des enfants.

Figure 2. Résultats en pourcentage des réponses aux tests d’images individuellement présentées aux enfants.

Figure 3. Résultats en pourcentage des réponses aux tests d’images présentées par couples aux enfants.