Calotriton des Pyrénées

Calotriton des Pyrénées

Calotriton des Pyrénées

Calotriton asper

Le calotriton des Pyrénées (Calotriton asper) est un amphibien de la famille des Salamandridae. Cette espèce est endémique de la chaîne pyrénéenne. L’espèce a été observée à presque toutes les altitudes du piedmont à la haute chaîne: à moins de 100 m d’altitude versant nord, versant sud à 175 m au lac de Banyoles, en Catalogne et pour l’altitude la plus élevée aux lacs de Cambalès, dans les Hautes Pyrénées (2500 m). Elle est inféodée aux torrents, sources, tourbières et lacs d’altitude, en particulier près des déversoirs, mais il existe aussi quelques populations en milieu souterrain du piémont pyrénéen en France, en Espagne et en Andorre.

Le calotriton est un urodèle (« amphibien à queue ») à la peau rugueuse de couleur grise, olive ou noire (avec pour certains une ligne plus claire et jaunâtre ou orange pâle sur le dos) doté de quatre pattes griffues et d’une queue préhensile qui lui permet de se maintenir dans les eaux agitées des torrents. Le calotriton peut mesurer entre 10 et 16 cm de long. C’est une espèce ovipare dont la période de reproduction s’étale de juin à août en fonction de l’altitude. Au printemps, les individus sortent de leurs abris terrestres (terres des berges ou anfractuosités des rochers) où ils ont passé l’hiver pour regagner les torrents de montagne dont la température avoisine les 6 °C. Afin de « séduire » les femelles, les mâles effectuent une posture spéciale consistant à relever la queue, formant pratiquement un angle droit avec le corps. Ils peuvent conserver cette position durant plusieurs heures. Ce serait un signal visuel pour les femelles mais aussi olfactif (les mâles sécrétant des phéromones). Les mâles et les femelles s’accouplent par amplexus, c’est-à-dire que le mâle enroule sa queue autour de la femelle (parfois pendant plusieurs heures). La femelle pond environ une dizaine d’œufs ronds et transparents de 4 à 5 mm de diamètre qui sont déposés à l’abri sous une pierre ou dans une anfractuosité étroite (observation issue de la captivité). 40 à 50 jours après la ponte, les larves sortent des œufs et commencent à se nourrir. La métamorphose à l’état adulte aura lieu après un an de vie larvaire ; l’animal atteint sa maturité sexuelle au bout de deux à trois ans.

Les menaces qui pèsent sur cette espèce patrimoniale sont multiples, et paraissent liées notamment à un processus général résultant du réchauffement climatique fortement accéléré depuis la révolution industrielle du 19ème, et qui impacterait très fortement cette espèce ayant une très faible capacité de dispersion.

Autres espèces